IGIHUHA

Sunday, April 02, 2006

IBIHWIHWISWA: Rwanda Chut…, on prie en silence (Eglisedemaison.be)



Actualités des églises:
date: 2006-04-02
rapporteur d'info: Christian
Pour attirer les fidèles, les nouvelles Eglises utilisent des haut-parleurs, tambours et porte-voix… De quoi faire le plus de bruit possible. Mais au grand dam des pasteurs, la police vient de rafler leurs équipements sonores pour cause d’excès de décibels. «Vous faites trop de bruit». Voilà la raison invoquée depuis deux mois par les policiers rwandais pour interdire et confisquer aux Eglises dites évangéliques tous leurs instruments sonores jugés trop bruyants. La police a donc confisqué les amplificateurs, tambours, haut-parleurs et porte-voix utilisés d’habitude par les nouvelles Eglises qui avaient recours à la «musique religieuse moderne» pour capter le plus d’adeptes. De plus, il leur est demandé de «baisser la voix» de telle sorte que la résonance de leurs chants et prédications ne dépasse pas l’enceinte du lieu de culte. Depuis lors, plusieurs pasteurs affirment que leurs églises se vident progressivement.

«La sonorisation attirait beaucoup de fidèles, surtout les jeunes», explique le pasteur Samuel Usabwimana, membre de l’association des Eglises de Pentecôte du Rwanda (Adepr). Pour lui, les prédications lancées sous forme de chansons par les haut-parleurs et les porte-voix retiennent l’attention des passants, même celle des non-croyants. «Nous avons reçu bon nombre d’enfants des rues et de drogués qui venaient en se disant convaincus par la parole de Dieu», témoigne le pasteur. Comme ses collègues, il souligne le fait que la première mission des Eglises est de propager la parole de Dieu afin que les plus convaincus viennent se confesser. Au Rwanda, la concurrence entre les Eglises les pousse à faire preuve d’ingéniosité pour attirer le plus de fidèles possibles. D’où l’idée des haut-parleurs donnant directement sur la rue.

DU BRUIT POUR SEDUIRE LES FIDELES

«La musique a été valorisée dans diverses églises et a attiré beaucoup de fidèles au cours de ces trois dernières années», constate le pasteur Emmanuel Zirimwabagabo, de l’Eglise Inkuru Nziza (Bonne Nouvelle) de Nyarugenge, au centre de Kigali. Ce moyen de séduction a déjà fait ses preuves au sein de nouvelles Eglises qui voient la nouvelle réglementation de la police d’un mauvais œil. Pour les forces de l’ordre rwandaises, cette mesure était tout indiquée dans un pays qui interdit aux Eglises de déranger toute personne qui ne serait pas de même obédience. «Certains religieux veulent s’imposer par la voix et inculquer leurs dogmes à tous ceux qui ne partagent pas leur croyance», fait remarquer le superintendant Theos Badege, porte-parole de la police. Il laisse également entendre qu’il souhaite avant tout protéger les habitants du bruit. En effet, les églises, implantées au coeur de quartiers populaires, ne se soucient guère du voisinage lorsqu’elles installent les amplificateurs et porte-voix extérieurs. Dérangées par le trop plein de décibels, les populations environnantes se sont plaintes du tapage. «On dirait que leur Dieu est sourd», s’étonne Charles Manzi, un catholique qui habite près d’une de ces églises. Pour le porte-parole de la police, certaines Eglises donnent parfois l’impression, en «criant» les prières et les chants, qu’elles réunissent un grand nombre de fidèles, alors que leur nombre se réduit à quelques dizaines.

Même si le pasteur Zirimwabagabo reconnaît qu’il est difficile de réguler la sonorisation des chorales et des prédicateurs, il condamne la rafle menée en pleine prière par la police qui a embarqué tous les instruments jugés trop bruyants. Pour montrer leur bonne volonté, les Eglises réunies dans l’Alliance évangélique, dont la plupart ont été victimes de la confiscation, viennent d’adresser un mémorandum au ministre de la Sécurité intérieure dans lequel les pasteurs demandent que soit organisée une concertation sur le problème de l’intensité des voix au sein de leurs églises. Mais les forces de l’ordre, elles, persistent et signent. Lorsque les fidèles se rassemblent, la police n’est pas très loin afin de contrôler le volume des prédications et des chants.

PLACE AU SILENCE

A l’heure actuelle, les forces de l’ordre semblent avoir gagné la partie. A l’Eglise Béthanie de la communauté des Eglises chrétiennes en Afrique située à Biryogo (bidonville de Kigali), homélies et chansons ne sont plus transmises à travers les haut-parleurs. Pourtant, avant l’action policière, Béthanie, calquée sur le style congolais, vibrait au son de la musique. Les Rwandais qui passent aujourd’hui aux alentours de Restoration Church (Kimisagra) ou de Zion Temple (Kicukiro - ville de Kigali) ne peuvent plus entendre les prêches, même le dimanche, qui est pourtant un jour de grand rassemblement. Seuls quelques haut-parleurs sont installés aux quatre coins de l’église pour permettre aux prédicateurs de s’adresser aux fidèles rassemblés à l’intérieur.

La mesure épargne cependant les Musulmans qui, à 4 heures et demie (correspondant à 2 heures et demie du matin au temps universel), réveillent Kigali à l’aide de porte-voix. En effet, c’est à cette heure que les mosquées appellent les fidèles à la première prière du matin. Nombre de chrétiens, frappés par l’interdit policier, y voient la progression de l’Ante-Christ. «Les autorités ne veulent pas que le nom de Jésus soit proclamé à haute voix et connu par les païens», déduit Claudine, fidèle de Solution church, à Kimironko.

L’interdiction des prédications et musiques bruyantes intervient après la fermeture des boîtes de nuit qui ont été sommées de renforcer l’isolement acoustique pour ne pas déranger la population avoisinante.

Eglisedemaison.be
(Eglisedemaison.be - Disclaimer) ajoutée le 2006-04-02

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