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Saturday, April 08, 2006

IBIHWIHWISWA: Genocide du Rwanda - Comment noie-t-on le poisson?





Au cours des derniers mois, plusieurs chancelleries occidentales ont accusé le gouvernement rwandais de traiter ses opposants de "divisionnistes" dans le but de les discréditer.
Génocide rwandais: Kagame accuse implicitement la France d'avoir tué
NYAMASHEKE (Rwanda) (AFP) - 07/04/2006 17h06 - Le président rwandais Paul Kagame s'en est pris vendredi à la France lors de la commémoration du douzième anniversaire du génocide de 1994, l'accusant, sans la nommer, d'avoir fourni des "tueurs".

"Il y a des étrangers qui ont tué (lors du génocide). Il y avait des militaires qui demandaient les cartes d'identité aux Rwandais pour différencier les Hutus des Tutsis. Ce sont des tueurs. Qu'ils le disent ou non, ils l'ont fait", a déclaré M. Kagame, dans une référence claire aux militaires français.

Pendant le génocide de 1994, la France a lancé une opération humanitaire, appelée "opération turquoise", dont le rôle reste controversé.

Selon les Français, cette opération a permis de sauver de nombreuses vies, alors que la communauté internationale restait passive. Selon Kigali, elle a permis de mettre à l'abri des génocidaires.

M. Kagame s'exprimait à Nyamsheke, localité du sud-ouest du Rwanda, où il a assisté à une nouvelle inhumation d'ossements exhumés de fosses communes.

Le génocide de 1994 au Rwanda a fait, selon les Nations unies, environ 800.000 morts, parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés. La rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) de M. Kagame, venue d'Ouganda, y a mis fin en juillet 1994 en prenant le pouvoir à Kigali.
Le président rwandais s'est aussi attaqué vendredi à d'autres pays étrangers qu'il a accusés d'essayer de donner des leçons aux Rwandais. Il s'en est notamment pris à ceux qui accusent son gouvernement de faire taire l'opposition en lui reprochant de faire du "divisionnisme" ethnique.

"Le divisionnisme fait partie de notre histoire. Il ne s'agit pas d'une rumeur", a insisté M. Kagame.

"Nous avons besoin de votre aide. Nous ne voulons pas de vos critiques sans fondement. Vous vous êtes tus face aux gens qui ont tué un million de personnes et vous n'avez pas le droit de raconter n'importe quoi à ceux qui font de leur mieux à reconstruire ce pays", a-t-il poursuivi.

Au cours des derniers mois, plusieurs chancelleries occidentales ont accusé le gouvernement rwandais de traiter ses opposants de "divisionnistes" dans le but de les discréditer.

Parmi les invités à la cérémonie, figuraient le sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines Jendayi Frazer, actuellement en visite dans la région, et le chanteur américain Quincy Jones.
M. Kagame a aussi suggéré à "ceux qui veulent faire des films" sur le génocide au Rwanda d'en tourner un basé sur la vie de Gaetan Kabanda, un rescapé tutsi qui a témoigné vendredi lors de la cérémonie.

"C'est de ce héros-ci que vous devriez parler, et non pas de celui dont j'entends parler", a lancé le président, critiquant implicitement Paul Rusesabagina, l'hôtelier hutu qui a servi d'inspiration pour le film "Hôtel Rwanda".

Avant le discours de M. Kagame, un cercueil contenant les restes de plusieurs victimes massacrées en 1994 a été symboliquement déposé dans un mémorial.

"Plus de 45.000 personnes ont été tuées ici à la paroisse même" de Nyamasheke, a expliqué un membre des services du protocole, sous couvert d'anonymat.

Lors du génocide, des centaines de milliers de cadavres avaient été enterrés à la hâte dans des fosses communes ou jetés dans des latrines.

Chaque année, pendant une période de trois mois à partir du 7 avril, des ossements sont de nouveau inhumés à travers le Rwanda, petit pays d'Afrique centrale.

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