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Tuesday, March 07, 2006

Pierre Nkurunziza crie "au feu !": Tentative de coup d'Etat au Burundi


Nkurunziza crie "au feu !" Qui sont les pyromanes ?
umuco.com : mardi 7 mars 2006.

Complotez, vous êtes filmés

BRUXELLES, U.N.A.-Quelqu’un avait dit qu’au Burundi la rumeur n’existe pas. La rumeur c’est l’info, dit-on dans ce pays. C’est d’autant plus vrai quand cette "rumeur" est propagée par le citoyen numéro un. Elle devient de l’info avec grand "I". Vous savez la dernière ? Un coup d’état serait dans l’air. Et des images, et des sons, existeraient(on attend de les voir !). Trois politiciens, avec quelques officiers de la Force de défense nationale et de la police nationale, comploteraient contre Nkurunziza. Difficile de savoir qui ils sont. Si, cher lecteur, vous êtes des êtres humains comme nous, nous supposons qu’un coup d’état ne peut pas provenir des "copains" de Nkurunziza, sauf si ceux-ci changent d’allégeance en cours de route, tant tout bouge, tout coule sous le soleil. Possible.

Depuis que Nkurunziza commande aux destinées du Burundi, c’est-à-dire après le 26 août dernier, trois catégories d’opposants, acteurs directs dans la politique burundaise peuvent être facilement dégagées. Il y a, au Burundi, des personnes et des organisations, qui ne pleureraient pas si Nkurunziza partait. La première catégorie semble être constituée des Forces nationales de libération (FNL), en guerre ouverte contre le gouvernement de Nkurunziza. On ne sait vraiment pas ce qui se déroule dans les rangs de cette rébellion, en perte de vitesse. Par contre, et à coup sûr, nous savons que les FNL n’éprouvent pas la joie quand les ex-rebelles Forces de défense de la démocratie, coude à coude avec les anciennes Forces armées burundaises, vont à leur chasse. Pour eux, les Fdd, hutu, ont trahi la "cause hutu". Le nombre impressionnant de membres des Fnl arrêtés, torturés, et, hélas, tués, rappelle chaque jour à ce qui reste des Fnl que la hâche de guerre est difficile à enterrer. Même si les chances de prendre Bujumbura par cette rébellion sont chimériques. Les Fnl n’ont pas les moyens logistiques et politiques d’opérer un coup d’état au Burundi.

L’opposition, réelle, connue, fait le deuxième groupe. Le Front pour la démocratie au Burundi (dans la diversité de ses personnalités), le Conseil national pour la défense de la démocratie (Cndd), le parti Kaze-Forces de la défense de la démocratie, ainsi que quelques autres "Hutu pas d’accord" avec Nkurunziza ne cachent pas leur désir de voir le pays gouverné autrement. Le Frodebu menace de quitter le gouvernement (quoique ça tarde à venir) s’il n’obtient pas 5 portefeuilles au cabinet. Le Cndd estime que la Constitution est violée officiellement...En quelque sorte, ces partis s’acquittent de leur rôle d’opposants. Y aurait-il un air de dédain qui pourrait amener au renversement des institutions ? L’opposition semble contenir des personnalités assez intelligentes pour ne pas commettre un acte d’une si réelle sottise. L’avenir nous le dira.

En revanche, une portion d’anciens dignitaires de la République, rompus aux pratiques obscures, a aujourd’hui toujours la main haute pour perturber le pouvoir. Ils font la troisième catégorie. Si réforme de la Force de défense nationale il y a eu, perdons pas de vue que le processus n’a fait que commencer. Par ailleurs, incorporer quelques éléments rebelles au sein de l’armée régulière, ne change pas nécessairement les pratiques de celles-ci du jour au lendemain. La propagande officielle nous ferait croire le contraire (nouvelle armée, tout va bien, même si certains officiers vendent les armes et les munitions aux FNL, même si les bâvures continuent, bien sûr les enquêtes continuent, sans qu’aucune n’aboutisse !)
La République n’est pas encore dans les moeurs burundaises. Même après les élections, un coup d’état est une réelle possibilité. En 1993, Melchior Ndadaye avait reçu le ticket du peuple, de la manière la plus démocratique. Comme tout le monde, bien sûr, vous allez dire que "Nkurunziza n’est pas Ndadaye", que le premier bénéficie de l’appui d’une partie de l’armée (ex-rebelles Fdd au moins) que le second n’avait pas en 1993, etc. N’empêche, il apparaît qu’il y a une partie d’officiers qui se sentent mal à l’aise au sein des institutions de la République. Certains n’osent pas croire que Nkurunziza occuperait la place qu’occupait l’autre "Pierre", d’un certain ascendant sur une partie de l’armée.

Les enjeux ne manquent pas. Ils sont, comme en 1993, d’abord et avant tout financiers. Gros sous ! La conséquence directe d’un coup d’état à l’heure qu’il est, ne serait que terrible désordre. Imaginez une seconde, les ex-rebelles de retour en guerre, les ex-rebelles et les ex-FAB se rentrant dedans, au sein de leurs garnisons, les FNL, entrant dans la mêlée...Le Burundi risque de se "sierraléoniser". Non ! C’est cauchemardesque !Peu s’y fient, hélas. Certains politiciens ont, dans un passé très récent, eu de l’importance parce qu’ils avaient pu imposer la misère aux populations civiles innocentes. La guerre burundaise est capable de devenir un "éternel recommencement". La révolte,la rébellion sont les armes des insoumis, encore faut-il qu’il y ait une cause. Mais la cause, c’est quoi ? Parfois la question devient "la cause, c’est qui ?"
Alain A. Nyamitwe

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